Quels sont les avantages et les inconvénients de la tonte des chevaux.

À moins que tu ne vives sous un climat tropical, un élément incontournable de l’équitation en hiver est de composer avec le poil d’hiver de ton cheval. Dans notre texte consacré à la mise en couverture des chevaux, nous avons déjà évoqué ce processus naturel de pousse d’un poil plus long et plus dense, grâce auquel les chevaux s’adaptent aux conditions météorologiques changeantes. Mais si tu ne comptes pas interrompre les entraînements en hiver, tu dois t’attendre à ce que le poil d’hiver de ta monture pose aussi certains problèmes. La réponse à ceux-ci est la tonte des chevaux, qui est devenue ces dernières années très populaire et accessible à un large public de cavaliers. Dans cet article, tu découvriras quand la tonte peut réellement augmenter le confort de ton cheval et quand elle n’est pas nécessaire. Tu apprendras aussi quels poils ne jamais tondre sous aucun prétexte et quelles sont les options de tonte les plus courantes.

La tonte des chevaux et leur nature.

L’un des arguments les plus souvent avancés contre la tonte est qu’elle va à l’encontre de la nature du cheval. Difficile de ne pas être d’accord avec cette affirmation ; mais il vaut la peine, dans ce cas, de se poser la question : la solution naturelle est-elle vraiment toujours la meilleure pour mon cheval ? Tu ne rencontreras presque jamais de solutions universelles, dont l’effet serait identique pour tous les chevaux. C’est pourquoi, en réfléchissant à la tonte (ou à tout autre chose pouvant influencer le bien-être de ton cheval), il faut prendre en compte ses particularités et ses besoins individuels. Pour décider de tondre ou non un cheval, tu dois prendre en compte :

  • Le climat dans lequel tu vis et les conditions météo qui y règnent (température, humidité).
  • L’intensité des entraînements de ton cheval et l’endroit où ils ont lieu (extérieur, manège couvert).
  • Les conditions de vie de ton cheval (reste-t-il 24 h sur 24 au paddock, ou passe-t-il la plupart du temps à l’écurie).
  • L’âge du cheval et sa condition générale.

Un cheval sain et en bonne condition, qui a un accès permanent au fourrage, bien préparé à l’hiver et habitué à rester dehors, passera l’hiver sans problème, souvent même sans avoir besoin de couverture. Un poil abondant et les huiles naturelles sécrétées par la peau, qui le lubrifient, assurent une protection adéquate contre le froid, la pluie ou la neige. Si donc ton cheval vit en écurie active ou passe la majeure partie du temps dehors, et qu’en plus il n’est pas monté régulièrement en hiver ou seulement pour de légères balades, il n’y a aucun sens à le priver de cette protection naturelle en le tondant.

 Mais si ton cheval passe la majeure partie de la journée à l’écurie et que tu comptes monter régulièrement en hiver (surtout en manège couvert, où la température est plus élevée qu’à l’extérieur), t’entraîner et concourir, le long poil d’hiver de ton cheval peut occasionner certains problèmes.

Le poil d’hiver du cheval – ne fait-il vraiment que protéger ?

Comme nous l’avons établi, le poil d’hiver a pour rôle de protéger le cheval des conditions météo défavorables et de maintenir une température corporelle adéquate, en retenant une couche d’air réchauffé tout près de la peau. Il faut reconnaître qu’il s’acquitte parfaitement de cette tâche… jusqu’au moment où le cheval commence un entraînement intensif sous la selle. Pendant l’effort, un poil long provoque une transpiration excessive et une surchauffe. 

Contrairement, par exemple, à la pluie, où l’eau atteint rarement la peau et provoque un refroidissement, la sueur sort à travers la peau et perturbe immédiatement tout le système d’isolation thermique. Des études montrent qu’un cheval en sueur perd sa chaleur corporelle environ 20 fois plus vite qu’un cheval sec.

Comme on le sait, le plus grand danger pour la santé du cheval n’est pas le froid lui-même, mais justement le poil humide, en particulier associé au vent ou même à un léger courant d’air. Même en observant les chevaux au paddock, on remarque qu’ils restent immobiles sous une averse ou une tempête de neige, mais qu’avec un vent plus fort ils cherchent refuge les uns contre les autres, entre les arbres ou dans les abris. 

En s’entraînant donc en hiver (nous parlons ici d’un entraînement intensif au cours duquel le cheval transpire) sur un cheval au poil long, nous devons tenir compte du fait que nous aurons besoin de beaucoup de temps pour laisser progressivement son poil sécher et son corps revenir à une température adéquate. Un solarium peut aider, mais tous les centres ne disposent pas de ce type d’équipement. En pratique, cela signifie généralement de très longues détentes au pas après l’entraînement et un changement progressif de couvertures, pour que le cheval puisse sécher lentement sans être exposé à un changement brusque de température.

Tondre les chevaux – qu’est-ce que cela implique ?

Une tonte bien choisie résoudra certainement en grande partie le problème de la surchauffe pendant l’entraînement ou du séchage très long après. Nous devons toutefois compter avec le fait que, sous notre climat, un cheval tondu doit être couvert en permanence. Cela ne concerne pas seulement le temps passé au paddock, mais aussi à l’écurie. La vérité, c’est que pour aider ton cheval à maintenir une température adéquate à tout moment, tu auras besoin d’une collection de couvertures assez conséquente. Le kit de base, c’est :

  • Des couvertures d’écurie de différentes épaisseurs (ou une couche isolante spéciale à mettre sous la couverture d’écurie).
  • Une couverture polaire, qui peut servir de couverture séchante ou de couverture de paddock les jours plus doux et, surtout, sans vent et secs.
  • Une couverture de paddock imperméable et coupe-vent.
  • Un demi-couvre-rein, que tu pourras mettre pour les entraînements les jours particulièrement froids.

Rappelle-toi que la surchauffe est tout aussi dangereuse (voire davantage) pour ton cheval que le refroidissement. En le privant de sa protection naturelle et de son système de régulation de la température qu’est le poil, c’est sur toi que repose la responsabilité de lui assurer un confort thermique adéquat face aux conditions changeantes.

Tondre les vibrisses et les poils des oreilles – peut-on le faire ?

Avant même d’expliquer précisément pourquoi, nous pouvons déjà donner la réponse à cette question, et elle est – NON !

Certains chevaux ont des vibrisses (autrement dit des poils sensitifs) très longues et visibles sur la bouche et autour des yeux. Certains propriétaires peuvent donc être tentés, surtout avant un concours, quand on veut que tout soit parfaitement en ordre, de couper ces poils. Rappelons-nous toutefois que les vibrisses ne sont pas des poils ordinaires, et que leur fonction est assez complexe et irremplaçable. Grâce aux vibrisses, le cheval est capable de sentir les objets situés près de sa bouche (ses yeux ne peuvent pas les voir d’aussi près) et d’évaluer à quelle distance ils se trouvent. Les vibrisses autour des yeux aident les chevaux à éviter, par exemple, les branches ou d’autres objets dangereux pour les yeux.

En privant le cheval de ses poils sensitifs, nous le privons du même coup d’une part très importante de son sens du toucher. En Allemagne, par exemple, le rasage des vibrisses est interdit depuis 1998, et ne pas respecter cette règle peut entraîner l’élimination du cheval du concours. Il en va de même pour les poils des oreilles du cheval. Leur rôle est de protéger les oreilles contre l’entrée d’insectes ou d’autres impuretés, et de protéger l’intérieur délicat des oreilles des rayons du soleil. Si les oreilles de ton cheval sont très « touffues », tu peux couper légèrement les poils, en particulier ceux qui poussent sur le bord extérieur de l’oreille ; mais une meilleure solution (si les considérations esthétiques comptent pour toi, notamment en concours) peut être de masquer ce fait avec un bonnet.

En résumé…

Il n’y a pas de réponse universelle à la question de savoir si les chevaux devraient être tondus pendant la saison hivernale, tout dépend des particularités individuelles. En très bref, on peut le résumer ainsi :

  • Si tu n’as pas accès à un manège, que ton cheval est habitué à passer une grande partie de la journée dehors et que votre travail hivernal ne sera pas intensif (balades en extérieur, montes légères sur une carrière extérieure), la tonte semble sans intérêt.
  • Si tu comptes t’entraîner/concourir régulièrement toute la saison et que tes entraînements auront lieu en manège couvert, tu peux envisager une tonte intégrale. Dans ce cas, on ne laisse que le poil sous la selle et parfois sur la tête (surtout chez les chevaux difficiles à tondre).
  • Si tu comptes monter régulièrement, principalement en manège, et que ton cheval a une pilosité abondante, tu devrais peut-être envisager une tonte de type « blanket ». On tond alors le poil sur l’encolure, les épaules et le bas du corps, et on le laisse sur l’arrière-main, les membres, le haut du corps et la tête. Une variante de cette tonte est aussi la tonte en « trace », qui ressemble à la blanket à ceci près qu’on laisse aussi les poils sur la tête et la moitié supérieure de l’encolure. Grâce à cette solution, le cheval ne devrait pas surchauffer lors d’un travail plus léger et sera partiellement protégé dans les zones les plus sensibles.